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Lundi 09 février/

JAMAIS IL N’Y A EU UN TEL CONSENSUS AUTOUR D’UN MOUVEMENT SOCIAL EN MARTINIQUE.

La date du 14 février 1974 qui est encore ancrée dans la mémoire collective n’avait connu un tel déplacement de la foule. Non seulement les ouvriers, les salariés du public et du privé sont dans la rue mais également les étudiants, les chômeurs, les ménagères sont dans les rues de la capitale. Ce sont toutes les couches de la population Martiniquaise qui se rassemblent autour d’un thème fédérateur : le coût trop élevé de la vie.

A coté de nombreuses revendications toutes légitimes, à savoir des revenus trop faibles aussi bien pour les salariés que pour les retraités, des classes surchargés alors que le gouvernement entend encore réduire le nombre de professeurs, la création d’emplois toujours plus précaires, le coût trop élevé de la vie ne passe plus et semble créer un consensus au sein de la population.

Aujourd’hui, au cinquième jour de grève, il semble que la Martinique s’installe dans la résistance à un système qui n’a que trop longtemps duré. L’exploitation d’une grande majorité par une minorité quoique silencieuse et dominante. Une minorité qui contrôle toute la chaine de production et de distribution dans l’agroalimentaire et pas seulement. Profitant rondement de tous les rouages du système français, à savoir défiscalisation par ci et subvention par là, dérogeant sans cesse à leur obligation par la même.

Curieusement, Malgré toute l’assistance de la mère patrie, le Martiniquais paye au prix fort son alimentation. D’autant que lancer dans la société de consommation « sans maman sans papa » il a abandonné petit à petit le jardin créole qui aurait pu lui assurer quelque subsistance.

Longtemps on a entendu «  Un jour viendra où les hommes se révolteront ». Et voilà que nous y sommes. Maintenant la question sera de savoir jusqu’où ira la révolte. Il semble que bien plus qu’une bataille sur les prix il s’agit de retrouver la dignité d’être Martiniquais. Des hommes et des femmes qui prennent en main leur destin face à l’oppresseur quand bien même il bénéficie de passe droit de ses cousins de métropole.

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